vendredi 4 septembre 2009

Sévère accès de haine

Je me sortirais d’abord l’intestin avec mes ongles, l’enroulerais autour de ces cous qui supportent des têtes superflues, ferais tournoyer comme des poupées ces humains mous, ces créatures abjectes au sang de pétrole, je ferais terminer leur envol sur le plus dur des murs, puis après un impact légendaire, je me retrouverais aspergé de leurs entrailles et je soupirerais enfin en faisant des grosses bulles dans leurs sucs.

Je crierais à faire écraser les monuments, à disperser les nuages, à faire coucher le soleil, par un ouragan d’ondes sonores, par un rugissement abyssal et fatal, et il s’en suivrait une épidémie d’acouphènes et nul ne pourrait jamais plus entendre. Je ferais couler sur le monde des coulées visqueuses de mépris, je ferais parader des armées, leur ferais crier des horreurs aux enfants, j’ordonnerais des sacrifices de vierges, je mettrais en esclavage les amoureuses, je ferais d’eux tous des cannibales, je bâtirais des murs incroyables et je séparerais le bétail de l’homme. Je prendrais des bains de sang et m’ornerais de masques et de costumes grandiloquents. Il y aurait des statues de moi dans toutes les cours et dans tous les jardins. J’interdirais la couleur, prohiberais l’odeur. On ne mangerait plus que du beef jerky et on ne boirait plus que du Buckley’s. On ne se vêtirait que de papier sablé ou de camisoles de force. Je ferais ôter à tous ces dents affreuses qu’ils montrent lorsqu’ils sourient et il n’y aurait plus que des gencives pourries dans ces bouches propagatrices d’ignominies.

Je mettrais le feu aux forêts, verserais dans les océans des torrents d’acide, ferais du ciel une grande plaque de plomb et jamais plus il n’y aurait un vil rayon de lumière pour faire sortir ces lamentables roses. Le désert serait mon palais et chaque jour, je le ferais agrandir en creusant des trous titanesques dans les plus beaux endroits du monde pour en faire ressortir les plus hideuses vipères.

Le monde ne serait plus que le miroir de toutes les colères, et je serais celui qui lui demanderais : « Miroir, miroir, dis-moi qui est le plus haineux? ».

4 commentaires:

  1. La pleine lune, ça rend violent ;)

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  2. whooffff...! Ça c'est de la belle colère !
    Ça va mieux après, non ?
    Ariane

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  3. Encore mieux que donner des coups de hache dans un mur.

    Ça respire mieux, oui.

    a+ ariane

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